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resistanceetamour

Ceci est le blog d'un animateur, vacataire en bibliothèque. Je suis révolté contre les injustices de notre société. Nietzschéen, je fais partie d'une grande aventure humaine: La France Insoumise

Ubu en France acte III

Publié le 13 Mai 2014 par resistanceetamour in Livres

Scène 1. La Team Prude, Mère Ubu, Jean-Noël Guéridon, Cotice et les vingt rameurs.

(Cette scène se passe au conseil général, Jean-Noël Guéridon est assis à son bureau).

La Team Prude : Cette scène est indécente et ne devrait être vue ou lue par personne ! (Il sort).

Mère Ubu (frappe à la porte) : Toc, toc !

Jean-Noël Guéridon : entrez

(Mère Ubu entre et s’assoit en face de Jean-Noël Guéridon).

Jean-Noël Guéridon : C’est vous qui voulez adhérer rapidement au PSNL ?

Mère Ubu : Oui !

Jean-Noël Guéridon : Vous êtes socialiste ?

Mère Ubu : Euh… Non !

Jean-Noël Guéridon : Ouf ! Il y en a assez ! Les dix guguss de L’Unitay D’Abord, c’est suffisant comme caution de gauche ! Comment vous appelez-vous ?

Mère Ubu : Mère Ubu.

Jean-Noël Guéridon (il note) : Bien, avez-vous des enfants ?

Mère Ubu : Euh… Non. Pourquoi ?

Jean-Noël Guéridon (il note) : De la famille ? Des frères et des sœurs ?

Mère Ubu : J’ai un mari, mais il est à l’UPLM.

Jean-Noël Guéridon : Ecoutez Mère Ubu, je n’ai rien contre vous, d’ailleurs je ne vous connais pas mais vous n’avez pas de famille. Pourquoi vous faire adhérer alors ?

Mère Ubu : C’est le fait que mon mari est à l’UPLM qui vous dérange ?

Jean-Noël Guéridon : Oh non ! Mon meilleur allié, le maire de Marseille Jean Claude Tapenade, en fait partie mais par contre vous n’avez pas de tribu qui puisse venir renforcer mon courant, voter quand je vous dis et pour qui je vous dis.

Mère Ubu : Ah si ! J’ai des rameurs et Cotice !

Jean-Noël Guéridon : Ah ! Et ils sont combien ?

Mère Ubu : Beaucoup ! Je les appelle pour que vous voyiez de vous-même ?

Jean-Noël Guéridon : Bien sûr !

Mère Ubu (Crie) : Rameurs ! Cotice ! Venez !

(Cotice et les vingt rameurs entrent)

Jean-Noël Guéridon (se frotte les mains) : Excellent !

Mère Ubu : Je suis acceptée ?

Jean-Noël Guéridon : Bien sûr, à condition de me rendre hommage et de me servir en prenant le contrôle de ce repère de socialistes qu’est L’Unitay D’Abord.

Mère Ubu : Que me donnez-vous en échange ?

Jean-Noël Guéridon : Vous aurez en échange la mairie de Schmoll-les-bains que je contrôle avec Tapenade, ainsi que des logements HLM à distribuer pour pérenniser ce fief qui est une source d’emploi pour les éboueurs qui travaillent en fini-parti. Vous aurez ainsi toute la considération de Carlos Galfetti qui sera étonné de voir passer cette mairie de droite à gauche, d’autant que cela sera l’une des rares.

Mère Ubu : C’est cool !

Jean-Noël Guéridon : Commençons la cérémonie. Voulez devenir ma femme lige sans réserve ?

Mère Ubu : Je le veux.

(Agenouillée devant Jean-Noël Guéridon, Mère Ubu lui jure fidélité en posant ses mains dans celles de Jean-Noël Guéridon qui les étreint. Jean-Noël Guéridon relève Mère Ubu et échange avec elle un baiser sur la bouche, symbole de fraternité et de fidélité. Il prolonge le baiser par quelques touchers appuyés, il la palpe)

Mère Ubu : Je promets en ma foi d’être fidèle, à partir de cet instant, au président du conseil général Y : Jean-Noël Guéridon. Je jure de lui garder contre tous et entièrement mon hommage, de bonne foi et sans tromperie. Je jure de servir mon seigneur et je lui fais don de ma personne. Je jure de ne pas causer de dommage à la force de mon président, de ne point lui nuire, de ne point porter atteinte à ses droits de justice de son seigneur, de ne pas faire de tort à ses possessions et de faciliter sa vie le plus possible. J’ai confiance en lui et je lui jure la plus pure loyauté.

Jean-Noël Guéridon : En échange je vous assure votre sécurité, celle de vos proches, de votre clan, ainsi qu’une aide financière et logistique pour vous aider à construire des équipements qui plairont à votre fief, la mairie de Schmoll-les-bains.

(Jean-Noël Guéridon remet à sa nouvelle vassale une rose symbole de sa mission et de la concession du fief de Schmoll-les-bains puis il sort).

Scène 2. Mère Ubu, Le Lapin blanc de l’Unitay, dix militants PSNL, les vingt rameurs, Cotice.

(Cette scène se passe dans une salle de réunion du PSNL, Mère Ubu entre avec les rameurs et Cotice et rejoint le Lapin blanc de l’Unitay et dix militants du PSNL déjà présents dans la salle assis d’autour d’une table qui peut être décorée avec des objets représentant la magie noire. Le Lapin blanc de l’Unitay et les dix militants du PSNL ont un ton mystique jusqu'à l’intervention de Mère Ubu).

Le Lapin blanc de l’Unitay (une coupe de vin dans ses mains): Unitay !

Les dix militants PSNL (répètent en chœur) : Unitay !

Le Lapin blanc de l’Unitay (il boit une gorgée de vin) : Je t’invoque, Ô toute puissante Unitay. Je te demande humblement de venir en ces lieux. Donne-moi la force d’accomplir l’Unitay de toute la gauche au sein du PSNL. Infuse ce breuvage de ton pouvoir et permets-moi de réaliser cette grande mission.

Les dix militants PSNL (répètent en chœur) : Je t’invoque, Ô toute puissante Unitay. Je te demande humblement de venir en ces lieux. Donne-moi la force d’accomplir l’Unitay de toute la gauche au sein du PSNL. Infuse ce breuvage de ton pouvoir et permets-moi de réaliser cette grande mission.

Le Lapin blanc de l’Unitay (il boit une autre gorgée de vin)) : 41 dépités sont avec nous, 47 ont soutenu ces 41, la victoire est proche car 41 plus 47 égal 88. Cela est beaucoup, même si nous sommes minoritaires puisqu’il y a 292 dépités socialistes. Nous sommes de plus en plus nombreux, hasta la vitoria sempre.

Les dix militants PSNL (répètent en chœur) : Hasta la vitoria sempre!

Mère Ubu : Hum, hum

(Le Lapin blanc de l’Unitay fait tomber la coupe de vin)

Le Lapin blanc de l’Unitay (ton énervé) : Vous avez brisé notre rituel, honte à vous ! Déclinez votre identité ! Qui êtes-vous pour venir nous déranger ?

Mère Ubu : Nous sommes des nouveaux militants du PSNL. Quant à moi, je m’appelle mère Ubu.

Le Lapin blanc de l’Unitay : Venez-vous renforcer l’Unitay?

Mère Ubu : Oui et non, on va la forcer, l’enfoncer et la manger tout cru.

Les militant PSNL : Ici, ça ne se passe pas comme ça, il faut débattre. On peut débattre de tout sauf de l’Unitay. Sa direction a été élue démocratiquement !

Mère Ubu : D’accord et bien ce soir on renouvelle la direction de l’Unitay, je suis candidate pour la présidence !

Le Lapin blanc de l’Unitay : Vous voulez la présidence, pourquoi faire ? Nous on milite depuis 20 ans et vous voulez nous chasser ?

Cotice : Assez de bavardages, on vote !

Le Lapin blanc de l’Unitay : D’abord déééébaaattons !

Les militants PSNL (répètent en chœur): Déééébaaattons !

Les rameurs (ils crient au lapin blanc) : TA GUEULE ! ON VEUT VOIR LE MATCH DE L’OHEME DE CE SOIR. ON VEUT ALLER AU MATCH ! ON VEUT ALLER AU MATCH ![1]

Mère Ubu (crie) : Qui vote pour moi ?

Cotice (aux rameurs) : Levez la main bande de crétins.

Les rameurs (ils lèvent la main) : Nous ! Nous !

Les militant PSNL : Mère Ubu est majoritaire ! Gloire à Mère Ubu, vive l’Unitay !

Cotice : La réunion est terminée ! (il sort tout en poussant les militants PSNL dehors).

Les rameurs : Allez l’OHEME ! Allez l’OHEME ! (ils sortent).

Le Lapin blanc de l’Unitay (pleure) : Je ne suis entouré que d’ennemis cupides et d’amis dangereux. La prospérité du parti et la nécessité de l’Unitay devrait leur suffire pourtant… Ils n’ont pas d’idéal, ce sont des sectaires, c’est l’extrême droite de la gauche. Je vais cependant rester au parti car l’important c’est l’Unitay d’abord ! Il y a une différence entre le PSNL et l’UPML. Le PSNL donne 30 milliards au patronat et l’UPML parle de 130 milliards. Il y a une différence de 100 milliards. Ce n’est pas rien pour la souffrance des peuples. Quand on mène un combat on envisage de le gagner pas d’échouer et ce même si pour l’instant on n’a fait qu’échouer. (Il sort)

Scène 3. La Team Prude, Mère Ubu, Père Ubu, Jean-Noël Guéridon, Carlos Galfetti.
(Cette scène se passe dans la rue, devant un local du PSNL)

La Team Prude (il scande): cette scène est interdite aux moins de dix-huit ans. (Il sort)

Mère Ubu (Se frotte les mains): ça y est je suis maire de Schmoll-les-bains ! (Elle rit) Les cons !

Père Ubu : Bonjour Mère Ubu !

Mère Ubu : Toi ! Que fais-tu ici, devant le local du PSNL ! Ne devais-tu pas prendre le contrôle de l’UPML ?

Père Ubu : Cornegidouille ! C’est déjà fait, ce fut facile ils se sont tous entre-tués, je n’ai eu qu’à les mettre dans la trappe (Il ouvre la trappe, on y voit les cadavres, Mère Ubu vomit dans la trappe devant ce spectacle). J’ai nommé Pile directeur de campagne et trésorier. C'est mon homme de confiance qui ira en prison à ma place s'il le faut. Et toi où en es-tu ?

Mère Ubu : Comme tu le sais, je suis plus subtile que toi mais je suis déjà Maire.

Père Ubu (ton blagueur) : Par ma chandelle verte, Mère Ubu, es-tu amère d’avoir du retard sur moi et de n’être que maire ?

Mère Ubu : Pour une fois que tu as raison, c’est à relever, j’ai du retard sur toi. Mais je ne suis pas amère d’être maire car je n’ai pas eu à être Mère pour l’être.

Père Ubu (ton blagueur) : Puisque tu es maire, peut être pourrions-nous aller à la mer ?

Mère Ubu (elle prend un ton blagueur) : Tu déraisonnes, je dois t'arraisonner, faute de pouvoir te raisonner!

Père Ubu (prend un balai et menaçant Mère Ubu): Merdre ! Ne va pas te dégonfler ! Prends le pouvoir !

Mère Ubu : J’en ai marre de tes conseils, je fais comme je l’entends !

Père Ubu : Si tu en a marre, coupons les amarres !

Mère Ubu (elle entend du bruit) : Chut ! On vient ! Sors !

(Jean-Noël Guéridon et Carlos Galfetti entrent en même temps que Père Ubu sort)

Jean-Noël Guéridon : Carlos, je te présente mère Ubu, l’une des seules qui a réussi à faire basculer une mairie au PSNL dans ces temps de crise.

Carlos Galfetti : Si tu la connais et qu’elle a remporté une mairie elle est forcément formidable ! (Il embrasse Mère Ubu) Enchanté !

Mère Ubu : Moi de même.

Jean-Noël Guéridon : Il faut songer à la récompenser, elle a remporté une mairie, c’est ainsi que fonctionne notre parti de notables.
Carlos Galfetti : C’est une bonne idée, tu as toujours des bonnes idées, dommage qu’à cause de ces enfoirés de juges rouges bolchéviques tu doives faire semblant de nous quitter. Heureusement tu continueras à diriger la section départementale du Parti par l’intermédiaire de ton fidèle Chiotte.

Jean-Noël Guéridon : Oui et puis l’important c’est que je reste président du conseil général, comme ça c’est moi qui continue à distribuer le fric.

Carlos Galfetti : Merci de me l’avoir conseillé.

Jean-Noël Guéridon : De rien, Dieu reconnaîtra les siens ! (il sort)

Carlos Galfetti : Nous avons justement besoin avec François 1er de quelqu’un de nouveau pour diriger le PSNL et instaurer une dynamique positive. SOS Charisme est nul. Pff ! Et dire que pour le remplacer sans élections internes il faudra le nommer Secrétaire d’Etat.

(Mère Ubu adresse à Carlos Galfetti un sourire complice et lui prend la main. Leurs sourires et leurs regards en disent longs. Ils s’asseyent sur un lit, l'un à côté de l'autre, les yeux dans les yeux. Carlos Galfetti promène sa main le long du corps de Mère Ubu. Leurs lèvres se frôlent, il lui mordille le cou et elle ferme les yeux et s’abandonne à Carlos Galfetti. Le rideau tombe et on entend des cris de jouissance.)

[1] Ceci s’est réellement passé.

Acte 1

Acte 2

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