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resistanceetamour

Ceci est le blog d'un animateur, vacataire en bibliothèque. Je suis révolté contre les injustices de notre société. Nietzschéen, je fais partie d'une grande aventure humaine: La France Insoumise

Soutenance de mon mémoire

Publié le 19 Juin 2012 par resistanceetamour in histoire

Soutenance.

 

 

Jusqu'à quel point la critique du pouvoir absolu et de sa mise en place est elle possible sous Louis XIII, la Régence et Louis XIV ?

 

Pour répondre à cette question, j’ai choisi d’étudier l’œuvre de mémorialistes qui, sans être historiens, permettent de mieux comprendre l’histoire telle qu’elle s’est déroulée et, par leur façon d’écrire l’histoire, appartiennent à l’historiographie.

Ces mémorialistes diffèrent par ailleurs des historiographes du XVIIème, historiens officiels du roi dont ils se distinguent par une liberté de ton personnelle, cependant limitée par leur condition, l’image qu’ils veulent donner d’eux, à leurs destinataires, directs ou indirects. Retz écrit, apparemment, pour madame de Sévigné, la Grande mademoiselle, mademoiselle de Montpensier, n’indique pas de destinataire direct, Dangeau non plus. Le destinataire indirect est la postérité dont ils sont plus ou moins conscients. Un contrat de lecture est explicite pour deux de nos mémorialistes : la Grande Mademoiselle et Retz, Retz parce qu’il s’adresse à madame de Sévigné, et la Grande Mademoiselle qui ne s’adresse à personne en particulier : les deux promettent d’être sincères. La différence s’établit dans l’ordre des discours que la Grande Mademoiselle revendique le plus possible chronologique, alors que Retz, lui, reconnaît le désordre de sa narration.

Les sources que j’ai étudiées sont les œuvres de trois mémorialistes qui ont étés les témoins de la fin du règne de Louis XIII, de la régence d’Anne d’Autriche, et du règne de Louis XIV. Il s’agit des Mémoires du cardinal de Retz qui rédige en 1676 à Commercy, de mademoiselle de Montpensier qui rédige en 3 moments : entre 1652 et 1657 en exil à Saint Fargeau continue en 1677, enfin vers 1688 pour les dernières pages, et du marquis de Dangeau qui commence en 1684 et va au-delà de 1715, date de la mort de Louis XIV.

Les mémorialistes apportent un regard sur le parlement, les bourgeois, le peuple, le roi, les pouvoirs.

 

Dés le début s’est posée à moi la question du genre des Mémoires pour déterminer ce qu’on peut identifier comme Mémoires. En effet, même si Dangeau n’a pas choisi lui-même ce titre, son œuvre a été intitulée Journal pour la raison qu’elle a été écrite au jour le jour.
Après lecture des œuvres je pense que celle qui correspond le plus au genre des mémoires est celle de la Grande Mademoiselle. Si on relève chez les trois des éléments personnels, celle qui parle le plus longuement de son enfance est mademoiselle de Montpensier, Retz évoquant juste sa naissance et Dangeau ne l’évoquant pas. Or selon Emmanuelle Lesne, dans La poétique des mémoires, les Mémoires proposent une représentation de l’enfance, partie intégrante du genre des mémoires.

Quelle place peuvent tenir les mémorialistes dans la vérité historique ?

Ils oublient, sont sujets à l’erreur volontairement ou involontairement, se contredisent parfois. Aussi c’est grâce à la multiplication des sources que les mémoires deviennent intéressants.

Pour répondre à la problématique je me suis posée plusieurs questions : qui conteste ? Qui est contesté ? Quelles sont les limites ? Quelles sont les raisons ?

Les contestataires sont des nobles, et dans notre cas il s’agit d’un ecclésiastique qui a, par son rôle, un droit de critique, et d’un membre de la famille royale qui, par sa position a plus de liberté.

La critique des ministres est plus autorisée que celle du roi.

Il ne faut pas oublier, par ailleurs, que les mémoires sont des écrits, non lus par le roi ce qui limite la prise de risque. Elle est beaucoup plus grande quand la critique est faite par oral, mais des critiques orales sont retranscrites dans les mémoires.

La critique peut être due soit à la passion, soit à la raison, soit aux deux mêlées. Elle est due aussi à la perte de pouvoir de la noblesse.

 

Le rapport avec le pouvoir évolue-t-il ?

Alors que le pouvoir royal évolue vers la monarchie absolue de droit divin le rapport des nobles a ce pouvoir fluctue. Retz se rapproche de la reine par intérêt pour obtenir le cardinalat puis s’éloigne de Louis XIV quand il lui refuse l’archiépiscopat.

Le cardinal de Retz a participé à la fronde parlementaire (1648 – mars 1649 paix de Rueil) et à son union avec la fronde des princes (1649 - 1650) dans l’union des frondes (1651) mais pas à la fronde de condé (1651 - 1653). De même, la Grande Mademoiselle s’éloigne ou se rapproche du pouvoir selon ses intérêts. Seul Dangeau, courtisan, reste au cotés du roi.

 

De ces trois mémorialistes, l’un Dangeau a été peu étudié. C’est pourquoi il pourrait être intéressant d’étudier Dangeau au travers de son journal, et au travers de ce que pensent de lui les autres : Saint-Simon, Jean de La Bruyère, Voltaire, Fontenelle, l’abbé de Choisy, Boileau

 

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