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resistanceetamour

Ceci est le blog d'un animateur, vacataire en bibliothèque. Je suis révolté contre les injustices de notre société. Nietzschéen, je fais partie d'une grande aventure humaine: La France Insoumise

Partie 4. De la discorde.

Publié le 5 Juin 2015 par resistanceetamour in -livres, -politique, -humour

Comment perdre ses alliés : avec Valls.

Il était important pour François Hollande de se débarrasser de son allié principal : les verts qui avaient signé un programme commun avec le PS en piétinant cet accord.
Hollande et Ayrault s’y sont appliqués méthodiquement. Pour faire avaler des couleuvres aux verts, ils ont d’abord fait une loi sur la transition énergétique très décevante. Dans cette loi on a un manque d'ambition volontaire.

Monsieur Hollande s'etait engagé à réduire de 75 % à 50 % la part du nucléaire dans l’énergie.
Pour faire partir les écologistes, il aurait été simple d’y renoncer purement et simplement. Mais François Hollande, dans sa grande sagesse, a trouvé encore mieux. Il y a renoncé tout en faisant semblant de le faire. Il a décidé de réduire la part du nucléaire tout en le développant. Comment faire ?

Henri Proglio, un spécialiste pour décevoir les écolos, a trouvé l’astuce : vu la hausse de la consommation d'électricité la part du nucléaire diminuera mécaniquement. Pas besoin de fermer des centrales ! Et si la timorée Autorité de Sureté du nucléaire conseille d’en fermer on les remplacera par du nucléaire nouvelle génération (EPR) encore plus ruineux !

François Hollande a aussi réussi à décevoir les écologistes sur les gaz de schistes en donnant une douzaine de permis de recherche. Le lieutenant du président, Arnaud Montebourg a demandé leur exploitation et a affirmé que le nucléaire était une filière d’avenir, il a ainsi provoqué l’énervement des Verts.

Pour faire partir Cécile Duflot, patronne d’EELV, François Hollande a appliqué de manière stricte les institutions de la 5éme république. Il a appliqué le « principe » Gaulliste de la « solidarité gouvernementale » dont Chevènement avait été l’un de premiers bénéficiaires. Mais, cette muselière n’a pas suffi à faire partir Cécile Duflot. Pour y arriver François Hollande a dû mettre premier ministre celui qu’elle détestait le plus : Manuel Valls. Il faut le féliciter pour cette manœuvre.

Ce dernier a aussi pour qualité de n’avoir fait que 5% au premier tour de la primaire socialiste et donc, d’être très minoritaire chez les socialistes. Mettre celui qui est à la tête de la frange la plus droitière du PS Premier Ministre permet aussi au président d’aggraver les tensions dans son parti. Dommage que le patron du PRG, Jean-Michel Baylet, qui avait fait 0,6% à la primaire, et que, l’ex patron du PCF aujourd’hui détesté par son camp, Robert Hue, aient refusé un ministère. Le désarroi des socialistes aurait été renforcé.

Pour perdre l’allié communiste, c’est carrément François Hollande en personne qui a fait le boulot. Quand celui-ci dit que Marine Le Pen « parle comme un tract du PCF des années 70 », il sait très bien ce qu’il fait. Ce qu’il dit n’est pas complètement faux, le PCF ayant eu un discours anti-immigrés et nationaliste (dans les années 80, en 1970 c'était l'union de la gauche). Mais en taclant d’une telle manière son allié, François Hollande valide le discours de Nicolas Sarkozy selon lequel l’extrême droite et l’extrême gauche c’est « la même chose ». En se fâchant avec le PCF, François permet aussi d’éviter une union de la gauche, permettant de limiter la casse aux élections régionales.

Réchauffer des vipères en son sein

Il y a plusieurs manières de mettre des vipères en son sein. En premier lieu, cela consiste à donner du poids à la gauche du parti. C’est ainsi que Gérard Filoche, qui attaque le gouvernement tous les jours, est toujours membre du Bureau National du PS. Il est un facteur de division excellent ! Il serait donc dommage de s’en débarrasser en le virant comme le réclament des pervers de la Droite du PS qui veulent gagner.

Le gouvernement doit se mettre à dos des députés dits frondeurs. Cela fut difficile car ce sont des sociaux-démocrates censés pour la plupart. Ces pervers de Gauche ne demandent, pour certains, que l’application du programme de François Hollande, le discours du Bourget notamment. Pour attiser leur colère François Hollande a décidé, contre toute règle démocratique, de les virer de la commission des affaires sociales de l’Assemblée Nationale. Il fait ainsi coup double, se facilitant ainsi la vie pour faire passer ses futures réformes contre la sécurité sociale. Ces réformes sont utiles car elles permettront une défaite inéluctable. Pour les ringardiser encore plus, le gouvernement va prétendre « avoir le sens des réalités ». Pour mettre au pas ces députés et les rendre encore plus furieux, le gouvernement a utilisé des armes chimiques telles que : le vote bloqué, la confiance et le 49-3. Il leur reste encore l’arme atomique ultime : la déclaration de l’Etat d’Urgence « au nom de l’esprit du 11 janvier » au titre de l’article 16 de la constitution.

Pour réchauffer des vipères en son sein il faut nommer au gouvernement des opposants à la ligne prise par François Hollande. Qui sont ces ennemis de l’intérieur ? Ce sont Filipetti, Hamon, Montebourg. Ce dernier a même été nommé ministre de l’économie. Un ministre de l’économie qui tape sur sa propre politique économique c’est difficile à trouver. C’est pourtant utile car cela permet d’illustrer la division du gouvernement devant tout le monde. Comme le dit Mélenchon : François Hollande «a divisé la gauche, divisé sa majorité. Et maintenant, voici qu'il aura réussi à diviser son gouvernement! ». C’est un exploit à souligner.


Enfin quand François Hollande a remplacé Ayrault par Valls, il a promu Iznogoud premier ministre. C’est un choix judicieux d’abord parce que cela permet à l’ancien premier ministre de flinguer le nouveau sur la réforme fiscale. Mais surtout parce que Valls est le concurrent le plus sérieux de François Hollande. Remplacer un premier ministre impopulaire qui ne le menaçait pas par un premier ministre populaire est un bon moyen pour François Hollande de perdre sa place.

La guerre des chefs et des héritiers.

Martine Aubry, opposante en chef.

Martine Aubry, c’est la championne cachée des frondeurs. Alors que Montebourg est cramé à la gauche du PS qui en a marre de son opportunisme, Aubry y est toujours populaire. C’est la seule qui peut redonner un élan de gauche au PS et gagner en 2017. D’où son long silence jusqu’en 2014.

Elle a peu à peu élargi le champ de ses critiques.

D’abord elle a traité la fusion Nord-Pas-de-Calais et Picardie d’« aberration».

Ensuite, après l’abandon par Valls de l’encadrement des loyers, Martine Aubry a claqué sa joue en demandant l’application de la loi dans sa ville. Beau coup de com de Martine !

Après Valls, Martine Aubry tacle François Hollande et son valet Macron. En effet, elle défend les 35 heures, clame que le repos dominical est un choix de société et critique le CICE.

Enfin, en déclarant qu’ « il faut refaire de la politique » elle porte l’un des coups les plus durs au chef de l’Etat tout en proclamant qu’elle souhaite la réussite du quinquennat. Belle manière d’aider François Hollande à perdre ! Leur vraie-fausse réconciliation lors de la Coupe Davis, au Stade Pierre Mauroy, a achevé de donner un caractère artificiel à leur désaccord.

Au Front De gauche : le maintien des cartels.

Suite à l’élection de François Hollande le FDG ne pouvait pas aller au gouvernement. Cela aurait été trop flagrant. Critiquer autant François Hollande et aller au gouvernement était impossible. Il faut certes continuer à perdre mais il ne faut pas que les militants comprennent que l’objectif des politiques est de toujours perdre.

Au Front de Gauche, en 2012, Jean Luc Mélenchon a fait un trop bon score ramenant la gauche de la gauche à un score à deux chiffres à la présidentielle. Il fallait réparer cette terrible erreur. Comment faire un tête à queue devant un boulevard ? Il fallait donc créer une dispute entre le candidat à la présidentielle, Jean Luc Mélenchon, et le chef du syndicat des élus du PCF, Pierre Laurent. Cette stratégie a marché du feu de dieu, même si elle avait, comme toujours à gauche, un fond idéologique : la stratégie aux élections locales.

Pierre Laurent a soutenu la solution de la « stratégie locale » et Jean Luc Mélenchon la solution « on se présente partout dans les villes de plus de 30.000 habitants » et de la « fusion technique au second tour». Vous ne comprenez pas l’intérêt de faire une alliance à géométrie variable ? Vous ne comprenez pas le terme « fusion technique » ? C’est tout l’intérêt, le fait que personne ne puisse comprendre des querelles des chefs est très important. Tout le monde en ressort avec l’esprit embrouillé, les militants au premier chef. Le point d’orgue de cette dispute fut quand Jean Luc Mélenchon accusa Pierre Laurent de l’avoir poignardé dans le dos. Personne ne compris pourquoi ils se réconciliaient aux européennes. Au final cette querelle eut pour effet de faire reculer le FDG à un score à un chiffre aux européennes. Leur défaite sera finale quand ils auront réussi à mettre fin au FDG, ce qu’ils s’acharnent à faire.

Les verts, ou l’art de la dispute.

L’échec du Front De Gauche aurait pu ouvrir une autoroute aux écologistes. Mais, pour l’éviter, ceux-ci ont aussi eu la bonne idée de déclencher une guerre des chefs pour se rendre ridicule. Les verts étant les champions des petites disputes personnelles, Jean Vincent Placé et Cécile Duflot ont entamé une bataille de longue durée pour savoir lequel d’entre-eux allait perdre. Quand Cécile Duflot était ministre, Jean Vincent Placé ne manquait pas une occasion de taper sur elle. Maintenant qu’elle en est partie c’est l’inverse. Cécile critique le gouvernement et Jean Vincent Placé le défend, jouant le rôle de l’arme anti-Duflot de François Hollande. Il faut noter ici que Cecile Duflot fait souvent partie des belligérants des disputes. Son allié, Jean Luc Mélenchon se l’est d’ailleurs facilement mise à dos en écrivant un livre germanophobe à la veille des régionales alors qu’une alliance avec les verts y était possible.

A l’UMP : la lutte primaire.

Les renoncements du parti socialiste ouvraient une voie royale à l’UMP pour revenir au pouvoir en 2017. Il suffisait de ne rien proposer, de taper sur toutes les mesures de François Hollande, surtout quand elles avaient un fond idéologique de droite. Même pas besoin de faire de propositions, ils seraient arrivés au pouvoir sur le rejet de François Hollande.
Mais, la droite est une spécialiste de la guerre des chefs.
Pour le prouver, elle s’est d’abord arraché la gueule lors d’un vote interne, désignant le président de l’UMP, alors que ce genre de désignation n’a plus d’importance vu que ce sont des primaires ouvertes qui décident du candidat à la présidentielle.

D’habitude la querelle se fait devant les caméras de télévision. Cette fois-ci les deux candidats : Jean François Copé et François Fillon ont choisi une stratégie plus subtile mais ingénieuse. Devant les caméras ils ont fait copain/copain et ont étés d’accord sur tous les sujets préférant déléguer les attaques à leurs lieutenants. Derrières les caméras ils ont échangés des amabilités et se sont fait des coups tordus.

L’épilogue de cette castagne se fit après l’annonce des résultats. A ce moment-là les deux impétrants ont revendiqué la victoire et se sont mutuellement accusés d’avoir truqué le vote, d’avoir trafiqué les listes et limité le nombre de bureaux de votes. Cela a entrainé une confusion générale devant des militants attristés de voir qu’ils avaient désormais deux papas en instance de divorce. Son dénouement fut épique puisqu’une obscure commission connue par personne, la COCOE, et dirigée par un proche de Jean-François Copé décida que celui-ci avait gagné en ne comptant pas les votes de la Guadeloupe.

Cette bisbille a également permis d’orchestrer le retour du damné Sarkozy et d’anticiper la petite troisième guerre mondiale que sera la primaire de la droite. Chacun cultive désormais sa petite différence en adoptant à chaque occasion des postures clivantes vis-à-vis des autres. Prenons un premier exemple avec la question des consignes lors de seconds tours FN-PS. D’un côté Juppé et NKM votent PS pour faire barrage au FN, de l’autre Nicolas Sarkozy et Laurent Wauquiez affirme qu’il ne faut pas choisir et nous disent « ni - ni » comme si ces deux partis se valaient. Prenons un second exemple sur la tolérance envers l’islam : d’un côté Sarkozy veut refuser les menus de substitution à la cantine et interdire le voile à l’université, de l’autre Juppé les applique à Bordeaux et affirme que le voile à l’université n’est pas un problème puisqu’il s’agit de majeurs conscient de leurs actes et nous annonce que sa mère portait un foulard. Cette pièce de théâtre contient un excellent scénario porté par des acteurs de talents qui jouent certes un rôle de composition mais avec perfection: Sarkozy dans la peau de l’excité, Juppé dans la peau du sage.

Au FN, une histoire de famille.

On le sait depuis longtemps, le FN est un parti autocrate qui fonctionne de manière aristocratique. Il n’y a aucune querelle idéologique entre eux, ils sont d’accord sur tout. Par exemple, ils pensent tous les deux que torture peut être utilisée dans certains cas et le borgne a même mis cette théorie en application. Par contre, il y a un vieux désaccord entre le père et la fille sur la question stratégique. Le borgne prétend vouloir arriver au pouvoir par les urnes alors qu’en réalité, il a toujours rêvé d’un 6 février 1934 réussi. Du coup, à chaque fois qu’il se rapprochait d’une victoire électorale, il sortait une énormité. Marine et ses adjoints ont compris que ce rêve contre-révolutionnaire était une utopie et visent de gagner démocratiquement.

Au FN, les querelles des chefs y sont plus des querelles d’héritiers. Lors du départ de Mégret, Marie Caroline fille ainée du Borgne a trahi son papa qui la renia et la déshérita au profit de sa benjamine Marine respectant ainsi l’ordre de succession et le droit du sang. C’est ainsi que Marine devint l’héritière naturelle. Mais l’appel du pouvoir, obscur objet de désir, se mit à ronger le cerveau de Marine. Elle renversa alors les vieux pétainistes et pris une posture pro-Etat.

Cette stratégie a marché du feu de dieu, avec le retrait du papi gâteux, le Front National avait perdu l’habitude du scandale et allait peu à peu se « normaliser » avec l’aide des mass-médias.

L’année 2015 se présentait sous les meilleures auspices avec le grand fracas programmé des victoires de deux membres de la famille Le Pen dans les régions Nord-Pas-de-Calais-Picardie et PACA (Provence-Alpes-Côte-D’azur).

Mais Jean Marie pique alors des colères monstrueuses contre le réformisme de sa fille avec pour ambition de faire chuter le score du FN. Un jour, il sort les « fournées », l’autre il demande à « monseigneur Ebola » de débarrasser la France des migrants. Enfin, lors d’une interview au journal fasciste Rivarol, il ressort que les chambres à gaz sont un « détail », défend Pétain et vante la prédominance du monde blanc. Cela fut le coup de trop pour les petits fonctionnaires et aspirants notables du FN qui demandent tous à sa fille de tuer son père.

Marine va mettre sa nièce Marion comme tête de liste pour les régionales en PACA à la place de son père permettant ainsi de maintenir la tradition monarchique du parti. Jean Marie a alors adoubé sa petite-fille chérie en la qualifiant de: « meilleure candidate après lui ». Cette vraie-fausse réconciliation ne dura pas bien longtemps puisque Jean Marie fit un dernier coup d’éclat en déposant une gerbe aux pieds de la folle Jeanne le 1er mai sans l’accord de sa fille et qu’il fut ensuite suspendu de son statut d’adhérent.


Il faut remarquer que la stratégie du Borgne a bien fonctionné. Le FN est tellement déconsidéré que Marine préfère faire le dos rond et hésite donc à se présenter aux régionales car elle sait que perdre la déconsidèrerait pour la présidentielle.

Exercices

I.

1.

Qui a fait la déclaration suivante ?

« Ce qu’a dit Manuel Valls [sur les 35 heures] témoigne de son incompétence totale en droit du travail, en économie, en histoire. Ce garçon n’a jamais travaillé, il n’y connaît rien, il ignore et méprise des millions de salariés, qu’il s’oblige donc à faire femme de service dans les écoles de sa circonscription et au bout de quelques mois où il aura passé la serpillière dans les réfectoires, il sera pour les 35 h et réclamera à coup sur le paiement majoré d’heures supplémentaires… »

a/ Jean Luc Mélenchon

b/ Martine Aubry

c/ Gérard Filoche

Réponse.

c/ évidemment, une critique aussi sévère ne pouvait venir que de l’intérieur du PS.

2.

Qui a déclaré ?
« Il [JVP] veut être le Jean-Michel Baylet écolo »

a/ Un proche de Cécile Duflot

b/ Un proche de Jean Luc Mélenchon

c/ Un proche de Manuel Valls

Réponse.

a/ Vous l’avez compris, une critique aussi sévère ne pouvait venir que de son propre camp.

3.

Qui a fait les déclarations suivantes ?

« A l'UMP, tous des cons »

« François Fillon? Un loser. Il paraît qu'il a beaucoup souffert pendant cinq ans. Peut-être aurais-je dû abréger ses souffrances"

« Alain Juppé? Je l'aime bien. Il a dix ans de plus que moi. Puis-je rêver d'un meilleur rival? Il me fait passer pour jeune »

« Bruno Le Maire? Bac + 18, quand les gens le voient, ils zappent"

« Xavier Bertrand? [C’est un] bon à rien, un petit assureur. C'est un médiocre, ce n'est pas la reconnaissance qui l'étouffe »

a/ Nicolas Sarkozy

b/ Sarközy de Nagy-Bocsa

c/ Paul Bismuth

Réponse.

Nicolas Sarkozy, c’est évident. Avec toutes ces critiques il rend service à son propre camp.

II.

Reliez par un trait les personnages qui se détestent entre-eux.

Manuel Valls Pierre Laurent

Nicolas Sarkozy Cécile Duflot

Jean Luc Mélenchon Gérard Filoche

Jean Vincent Placé Alain Juppé

Réponse.

Manuel Valls <=> Cécile Duflot et Gérard Filoche

Jean Luc Mélenchon <=> Pierre Laurent

Jean Vincent Placé <=> Cécile Duflot

Nicolas Sarkozy <=> Alain Juppé

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