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resistanceetamour

Ceci est le blog d'un animateur, vacataire en bibliothèque. Je suis révolté contre les injustices de notre société. Nietzschéen, je fais partie d'une grande aventure humaine: La France Insoumise

Partie 7. De la débandade.

Publié le 15 Juin 2015 par resistanceetamour in Livres, humour, politique

Nous vivons dans un monde organisé.

Pour être exceptionnelle et admirable la débâcle doit, elle aussi, être organisée de façon sérieuse. C’est ce qu’a fait François Hollande. En appliquant une politique de droite, il a poussé vers l’abstention les classes populaires.

Mais, comme aujourd’hui tous les partis organisent leur débâcle, c’est celui qui perd le moins de voix qui gagne.

Le FN vainqueur par défaut.

Ainsi, aux européennes de 2014 le FN est apparu comme vainqueur malgré la perte de la moitié de ses voix par rapport à la présidentielle de 2012 car les autres partis sont plus pertinents et plus crédibles aux yeux des Français.

Pourtant le FN fait des efforts et commencent à former des « cadres » experts en la matière. C’est ainsi qu’on a vu Florian Philipot, énarque et donc spécialiste de la défaite, perdre à Forbach, Gilbert Collard, un avocat « alcoolique »[1] perdre à Saint-Gilles. Remarquons que le FN a aussi réussi l’exploit de perdre à Carcassonne, ce qui n’était pas gagné vu le nombre de fachos qu’il y a dans cette ville.

Ils pourraient bientôt perdre à Hayange ou le maire a été mis en examen pour une affaire de comptes de campagnes falsifiés. Nul ne doute que la gestion de leurs villes entrainera la défaite finale du FN, d’où l’intérêt pour eux d’en gagner.

Les primaires.

Les primaires sont un élément indispensable de la débâcle. Qu’elles soient internes ou ouvertes elles permettent d’aggraver les divisions et les déchirements dans un parti. Quand elles sont ouvertes, cela vous donne l’avantage de démotiver vos adhérents qui n’ont plus le privilège de pouvoir désigner leur candidat. Les primaires sont souvent sanguinaires, certaines finissent même par des meurtres. On a pu le voir lors de l’assassinat de Bob Kennedy aux Etats-Unis.

Le Front de Gauche – en organisant un vote interne peu médiatisé entre un inconnu et Jean Luc Mélenchon – a fait une terrible erreur. Bien entendu ni le lecteur, ni le narrateur ne s’en souviennent. Leurs contradictions sur le nucléaire n’ont pas éclatées, c’est désolant.

A cause de cette boulette ils ont engendré une dynamique qu’ils n’ont pas réussi à enrayer causant leur score à deux chiffres : 11%. Ils l’ont comprise aujourd’hui et s’apprêtent à saisir la main tendue par Eva Joly en organisant une primaire de la gauche de la gauche pour 2017 qui montrera à la face du monde les différences entre les écologistes décroissants et les communistes productivistes.

Les socialistes ont bien compris l’intérêt d’une primaire ouverte. A cette époque-là, Martine Aubry était, par ses formules chocs réutilisées ensuite par la droite, le principal atout du François Hollande. Malgré toutes les erreurs de Nicolas Sarkozy, ils ont failli perdre et donc gagner. Cette primaire très médiatisée leur a permis d’avoir une victoire à la Pyrrhus. Grace à cette victoire étriquée ils n’ont pas eu d’état de grâce.

Aux municipales, nous avons bien vu l’utilité des primaires organisées cette fois par le PS marseillais. Dans les deux autres grandes villes, Paris et Lyon, le PS a oublié d’en faire et du coup a largement gagné. Une victoire dans la deuxième ville de France aurait masqué la défaite générale. Il fallait donc absolument l’éviter ! En plus de mettre en place des primaires, le PS a eu la bonne idée de faire s’affronter cinq chiens fous dont une allumée qui veut mettre des chars d’assaut dans les « quartiers shits ».

La droite qui avait perdu de justesse les présidentielles sans faire de primaires a bien compris l’intérêt des primaires et compte en faire pour les élections présidentielle de 2017. Les huées organisées par Nicolas Sarkozy contre Alain Juppé ont donné un avant-gout de cette épopée saignante. Reste à savoir si cette bagarre se fera pendant des primaires ouvertes ou si les chefs décideront de la faire pendant le premier tour de la présidentielle, comme lors des affrontements Chirac-Giscard en 1981 et Barre-Chirac en 1988. Ce serait une très bonne idée, puisque les deux fois la droite a perdu.

Le dedans-dehors.

Pour contribuer à la débâcle, les verts ont choisi la stratégie du dedans-dehors. Sur quoi repose-t-elle ? Elle consiste à participer au gouvernement tout en le critiquant.

Cette stratégie a déboussolé nombre d’électeurs qui ont fini par les voir comme des opportunistes crasseux. Duflot a eu une expression lumineuse sur cette stratégie selon laquelle elle avait « une muselière » qui lui permettait de « l’ouvrir un peu ». Cela a facilité la démoralisation des militants écologistes pas habitués à avoir une muselière. Cette stratégie a bien fonctionné, et aux élections européennes leur nombre d’élus a diminué de moitié.

Depuis la sortie des verts du gouvernement, la moitié des dirigeants espère retrouver une place douillette à coté de Valls et l’autre tape sur le gouvernement jour et nuit. Ils sont toujours dans le dedans-dehors.

Notons que Martine Aubry a aussi choisi cette stratégie en s’alliant avec Cambadélis pour le congrès du PS et se justifie en disant : « Je préfère être dedans pour me battre à l’intérieur. » Pourtant elle n’a pas empêché l’un de ses fidèles, Christian Paul à diriger la motion de la gauche du PS, elle est donc aussi dans le dehors.

La multiplication des listes.

Le secrétaire général de l’Unitay Gérard Filoche prétend souvent que la gauche n’est jamais aussi forte que lorsqu’elle est unie, s’appuyant sur les exemples du front populaire et du programme commun. Pour perdre, il faut donc faire le contraire et multiplier le nombre de candidatures de gauche.

Ainsi aux municipales nous avons assisté à une guerre des gauches dans la ceinture parisienne dont personne n’est sorti indemne. A Paris plusieurs listes dissidentes de droite se sont présentées coulant ainsi la candidature NKM. Nous avons ainsi découvert que la théorie de l’Unitay était aussi vraie que pour la gauche.

Les écologistes ont certes fait des accords locaux avec le PS mais ce sont présentés en opposition au premier tour dans au moins deux tiers des cas. Nous devons féliciter Alain Lipietz, un spécialiste de la défaite qui est tellement performant qu’il avait dû renoncer à se présenter à la présidentielle de 2002. Lors des municipales de 2014, il a refait un coup de maître en participant à la débâcle de la gauche. En effet il s’est allié avec la droite contre le Parti Communiste et le PS. Il a semé le trouble en suggérant qu’a « A Villejuif, la droite c'est le Parti communiste » et que son alliance est « bien plus à gauche que celle de la maire sortante ». En insinuant que la municipalité sortante « a laissé les narcotrafiquants s'installer dans la ville », il a lancé une rumeur pourrie dont ses amis de gauche n’ont pas su se dépêtrer.

Aux sénatoriales, la gauche a réussi à maintenir ce bel effort de multiplication des listes. En effet, les écologistes étant sortis du gouvernement, ils se présentèrent partout. De nombreux barons locaux du PS tels Robert Navarro et Jean Noël Guerini se présentèrent en dissidence pour garder leur immunité. La gauche a choisi la même stratégie aux départementales. Le résultat de ce record de division a permis à la gauche de perdre tous les pouvoirs sauf le législatif.

Marseille : la plaisanterie finale.

La gauche a réussi à perdre de façon inégalée. Ainsi elle a perdu la majorité dans 130 villes de plus de 10.000 habitants dont des fiefs symboliques comme Bobigny ou Limoges.

Cette défaite aurait pu être masquée par le gain de Marseille aux Mains d’un vieillard cryogénisé depuis 1995.

Pour être sûr de perdre, il fallait que les socialistes alignent la plus improbable coalition hétéroclite : des héritiers fils-à-papa, des batards, des cons, des barons, des revenants, des morts-vivants, des impopulaires et des ministres. Ils ont également appliqué la stratégie de la multiplication des listes mentionnée auparavant qui a permis de brouiller le paysage politique. Comment classer Pape Diouf ? Celui-ci a voté Hollande au présidentielle, et voilà qu’il se présente en critiquant le gouvernement. Se présente-il avec le soutien de son ami Bernard Tapie qui, englué dans ses affaires, n’a pas pu se présenter ?

Mais cela aurait pu ne pas suffire, le vrai patron du PS Jean-Noël Guerini a donc conclu une alliance avec Jean Claude Gaudin dans l’entre-deux tour. L’alliance de deux G a atteint son objectif : en plus de remporter les swings-states du 1-7 et du 4-5 elle a fait basculer un secteur réputé imprenable : le Panier.

Cette fusion a renforcé l’argument « UMPS » du FN qui a pu donc remporter l’ancien fief de la socialiste Sylvie Andrieux, qui par ses magouilles aura aussi contribué à cette débâcle inégalée.

L’exemplarité du cas marseillais se développe le long des échéances de 2015 en faisant un cas-type pour la France. Nous aurons alors une succession de défaites.

La princesse Sylvie Andrieux verra alors sa condamnation pour complicité de détournement de subventions régionales confirmée par la cour de cassation entrainera une législative partielle et l’élection d’un député FN.

Henri Jybrayel, conseiller général et député socialiste du dernier bastion rouge de Marseille, a offert des vacances tout frais payer à 3600 petits vieux résidants de ces quartiers. Nul doute qu’il sera déclaré inéligible pour achat de vote et qu’une nouvelle élection devra y être organisé.

Belle tentative pour faire basculer à droite ou à l’extrême-droite l’ancien bastion communiste !

La saga judiciaire du multi-mis-en-examen pour association de malfaiteurs Jean Noël Guerini révèlera au grand public les liens de longue date entre les barons socialistes avec le crime organisée.

Pour sauver son immunité jean-nono n’hésitera pas à faire une alliance anti-Marseille allant d’élus PC à la droite extrême et à reprendre des slogans populistes et chauvinistes tels que : « mon département d’abord » et « ni droite, ni gauche ». Avec des slogans pareils on commence à se demander s’il ne fera pas alliance avec le Front National pour les régionales.

Ce cher Jean Noël, qui n’a aucun scrupule, est le seul à être capable de voter toutes les lois que lui propose François Hollande (TSCG, ANI, Loi Macron…) puis de dire ensuite que sa défaite aux départementales est due à « la politique d’austérité du gouvernement. » En présentant ses propres listes à ces élections il a participé à la division de la gauche et ainsi entrainé sa défaite à ces élections tout en n’ayant aucun désaccord idéologique avec le gouvernement.

Exercices.

1/ Vous avez des chances de gagner, qu’elle est la meilleure façon d’y remédier

a/ Choisi une tête de liste avec un nom de famille, Slave, imprononçable

b/ Mettre une ministre et un président de la régie des transports (quand elle ne fonctionne pas) comme têtes de listes.

c/ Ne pas finir de construire le tramway.

d/ Faire des primaires.

Corrigé.

Si toutes les réponses sont bonnes, la meilleure est, sans contestation possible, la b/

2/ LIBRE EXPRESSION

Racontez un exemple de débâcle dans votre ville, votre département ou région. Expliquez en les causes et les conséquences. Vous avez entre 180 et 360 mots pour le faire.

[1] Selon Patrick Mennucci qui titubait avec lui sur la canebière (source LCP 26 novembre 2014)

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