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resistanceetamour

Ceci est le blog d'un animateur, vacataire en bibliothèque. Je suis révolté contre les injustices de notre société. Nietzschéen, je fais partie d'une grande aventure humaine: La France Insoumise

Lettre à Genevieve

Publié le 10 Février 2014 par resistanceetamour

Lettre à Genevieve

Auteur: @cathyhope2 sur l'excellent blog cathynohanded

Donc, Geneviève, vous avez manifesté, comme tous les ans, le dimanche 19 janvier contre le droit à l’interruption volontaire de grossesse. Prononcez-le en développé, vous aussi Geneviève : interruption volontaire de grossesse.

Vous remarquez ? Il y a le mot volontaire.

Ainsi Geneviève, après avoir manifesté pour que les homosexuels n’aient pas les mêmes droits que les autres, cette fois-ci, vous arpentez les boulevards pour qu’on enlève des droits à une partie de la population, les femmes.

Femmes, ça vous dit quelque chose ?

Mais dites-moi, vous voilà bien investie ailleurs que dans la paroisse et les bonnes œuvres ! Vous prenez goût au bitume. Ah, ne rougissez pas s’il vous plaît, vous êtes trop modeste.

Je sais bien que vous avez aussi veillé devant l’Assemblée Nationale, vous ne lâchez rien. Organiser les tours de veille – bon vous n’étiez pas nombreux, ça réduisait les possibilités, mais quand même -, comploter par SMS, lancer les rendez-vous sur Twitter, prévoir la nourriture, les boissons, ça vous a rappelé votre jeunesse à votre mari et vous (du temps de l’Association française de scouts et guides catholiques qui vous a menés chez Civitas).

C’est beau l’engagement citoyen.

L’interruption volontaire de grossesse, c’est une de vos causes favorites. Vous participiez aux prières de rue toutes les trois semaines devant l’hôpital Tenon. Vous protestiez contre la réouverture du service d’interruption volontaire de grossesse. Après vous faisiez votre marché.

Il faut bien vous accorder ça, vous savez joindre l’utile au désagréable.

En tout cas, dimanche, on a vu que vous étiez rodée et toute la famille avec vous, votre charmant mari, vos nombreux enfants. Le petit-dernier était dans la poussette que vous dirigiez de main de maître parmi la foule. Quelle manifestation bon enfant, n’est-ce-pas ?

Vous n’avez même pas perdu de ballerine.

Vous portiez une jupe jaune et un foulard rouge, hommage à l’Espagne.

Maintenant qu’on se connaît Geneviève, on peut se tutoyer non ? Nous avons des points communs, nous sommes des femmes, nous avons des enfants.

Sinon, je pense que nous allons nous arrêter là pour les points communs.

Vois-tu, je ne porte pas de ballerines, j’aime les talons, pas de jugement, juste une question de goût. Pas de serre-tête non plus.

A propos, pour le tien, prend une taille au-dessus, je pense que ça doit te bloquer le cerveau et la réflexion. Sauf le respect que je te dois.

En fait, non, Geneviève, je ne te dois aucun respect.

Tu as manifesté dimanche, pour enlever un droit aux femmes.

Juste quelques petits rappels à ton attention :

Nous les femmes (tu ne peux pas savoir combien ça me fait du mal de dire "nous" en parlant de toi et moi), nous avons le droit, comme les hommes, de disposer de notre corps.

Nous les femmes, nous pouvons faire exulter notre corps avec qui nous voulons, homme ou femme ou toute seule (la masturbation, tu connais ? Ca pourrait te faire du bien. Mais tu connais, j’en suis sûre, tu ne veux pas le dire, c’est tout. Tout est hypocrisie chez toi).

Nous les femmes, avons le droit de faire l’amour, de jouir, de vivre notre sexualité librement, comme les hommes.

Nous les femmes, nous pouvons avoir envie de faire des enfants ou pas.

Notre volonté doit être entendue et reconnue, comme celle des hommes.

Le droit d’avorter, nous l’avons.

Toi aussi, Geneviève tu l’as.

Toi aussi, tu peux refuser d’enfanter, ne me dis pas que ça ne t’a jamais effleuré.

Mais si, souviens-toi les fausses couches, les morceaux de sang coagulés qui sortaient de ton sexe… Ne mens pas, tu n’as jamais pensé que c’était un être humain, jamais.

Telle que je te connais, tu as même été soulagée parfois. Tu as même peut-être provoqué ça, tu es une cachotière, je le sais.

Faut dire dans ton milieu, ça ferait tâche (oui, j’ai de l’humour. Toi non ?).

Tu confonds tout. Quand tu éructes ta haine contre les homosexuels, les femmes qui veulent avoir le droit d’avorter, le fiel que tu déverses ne contamine que toi-même et les tiens.

Tu as des filles Geneviève ? Tu veux vraiment qu’elles en chient, comme toi ? Qu’elles s’oublient, qu’elles ne puissent pas tenir le volant de leur vie ?

Mais dis-moi, une question me brûle les lèvres, tu n’es pas qu’Amour alors ?

Les lois fémicides, Geneviève, ce sont des lois d’hommes. De ces hommes qui veulent que les femmes recommencent à mourir en avortant.

Sors de là, Geneviève, envoie-les au Diable (tu y crois, ça tombe bien).

Ne te leurre pas Geneviève, ton engagement citoyen n’existe que dans tes rêves.

Tu n’es pas une citoyenne, tu es une meurtrière.

Ton action tue. Des êtres humains. Ceux qui veulent vivre, libres et égaux dans la fraternité.

Le drapeau bleu, blanc, rouge que tu agites, tu ne sais même pas ce qu’il veut dire.

Tu dis protéger la Nation, tu ne te protèges que toi-même en empêchant que ton monde ne s’écroule.

Vous étiez 16 000 Geneviève, 16 000, la partie émergée de l’iceberg.

Je ne vous sous-estime pas, tu sais. Vous êtes dangereux.

Vous instillez lentement mais surement vos idées rétrogrades dans l’opinion. Ce n’est pas pour rien tu sais que c’est l’Espagne qui revient sur les acquis des femmes en premier. Vous me rendez malade, vous me faites peur.

PS : Vous êtes retournée dans la rue ce dimanche, vous avez eu raison

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